Synchronisation, copier coller ou clonage : les trois copient des données, aucune ne protège des mêmes accidents. La synchronisation entretient un miroir vivant, qui réplique aussi vos erreurs. Le copier coller fige des fichiers choisis, sans leur contexte système. Le clonage reproduit le disque entier, système compris. Choisir revient à décider de ce que vous craignez de perdre.
Une copie qui réplique l'erreur n'est plus une sauvegarde.
Trois opérations, trois objets différents
La confusion vient d'un raccourci de langage : on appelle sauvegarde tout ce qui produit un deuxième exemplaire. Or un deuxième exemplaire peut être vivant ou figé, partiel ou complet, et ces deux axes décident de tout.
- Vivant ou figé. Une copie vivante suit l'original en temps réel, donc elle subit les mêmes accidents que lui. Une copie figée s'arrête à l'instant où elle a été faite, donc elle survit à ce qui arrive ensuite.
- Partiel ou complet. Une copie partielle contient des fichiers. Une copie complète contient le volume, avec ce que le système y a écrit sans vous le montrer : table de partition, secteur d'amorçage, permissions, fichiers en cours d'usage.
Une sauvegarde utile est figée. Une sauvegarde qui doit permettre de redémarrer la machine est en plus complète.
La synchronisation, un miroir vivant
Synchroniser, c'est demander à un logiciel de maintenir deux emplacements identiques en permanence. C'est le principe d'un dossier cloud, d'un dossier partagé sur un NAS, ou d'un outil de miroir entre deux disques.
Ce qu'elle apporte :
- Une copie toujours à jour, sans intervention de votre part.
- Une protection immédiate contre la panne matérielle d'un seul support.
- Un accès aux mêmes fichiers depuis plusieurs machines.
Ce qu'elle ne protège pas :
- Une suppression. Le fichier effacé d'un côté disparaît de l'autre, en quelques secondes.
- Un chiffrement par rançongiciel. Les fichiers chiffrés remplacent les fichiers sains dans le miroir.
- Une corruption silencieuse. Un fichier abîmé se réplique abîmé.
- Une erreur d'écrasement. La bonne version est remplacée partout à la fois.
La synchronisation n'est pas une sauvegarde, c'est de la disponibilité. Elle ne le devient qu'avec un versionnage et une durée de rétention : le service doit conserver les versions antérieures et les fichiers supprimés pendant un nombre de jours connu. Sans ces deux réglages, un dossier synchronisé est un point de défaillance unique qui donne l'illusion du contraire. Les autres fausses protections du même genre sont listées dans notre page sur les moyens d'éviter la perte de données(opens in new tab).
Le copier coller, une copie figée mais incomplète
Copier coller, c'est sélectionner des fichiers et les déposer ailleurs. La copie ne bouge plus ensuite : c'est sa force.
Ce qu'il apporte :
- Une copie figée, insensible à ce qui arrive à l'original.
- Aucun outil à installer, aucune compétence particulière.
- Un contrôle total sur ce qui est copié.
Ce qu'il ne protège pas :
- Ce que vous avez oublié de sélectionner. La copie vaut ce que vaut la sélection.
- Les fichiers ouverts ou verrouillés par le système, qui sont sautés.
- Les permissions, les dates et les attributs, souvent perdus ou réécrits.
- Le système lui même : une machine ne redémarre pas depuis une copie de fichiers.
Deux pièges méritent d'être connus :
- Le premier est le silence : une copie longue qui rencontre un secteur illisible peut se terminer avec une poignée de fichiers manquants sans que rien d'explicite ne le signale, et personne ne relit la liste.
- Le second est l'usure : sur un disque qui commence à faiblir, copier l'intégralité des fichiers un par un fait travailler les têtes dans tous les sens pendant des heures, ce qui est exactement ce qu'il ne faut pas faire.
Pour une sauvegarde régulière, un outil de copie incrémentale vaut mieux qu'un glisser déposer : il ne recopie que ce qui a changé, il conserve un compte rendu, et il signale les fichiers qu'il n'a pas pu lire.
Le clonage, une image du disque entier
Cloner, c'est reproduire un disque sur un autre, secteur par secteur(opens in new tab), dans l'ordre. Le résultat n'est pas un dossier de fichiers, c'est un disque jumeau, qui démarre et se comporte comme l'original.
Ce qu'il apporte :
- Le système, les logiciels, les réglages et les fichiers, en une seule opération.
- Un redémarrage immédiat sur le clone en cas de panne du disque d'origine.
- Une lecture linéaire du disque, la moins agressive pour un support fragile.
- La seule méthode qui préserve ce qui n'est pas visible dans l'explorateur, y compris les traces des fichiers supprimés.
Ce qu'il ne protège pas :
- Une erreur déjà commise. Un clone reproduit fidèlement une corruption ou une suppression.
- La place : il faut un disque destination au moins aussi grand que la source.
- Le temps : comptez plusieurs heures pour un gros volume, et un clone par version.
Le clonage n'est donc pas une sauvegarde quotidienne, c'est une photographie d'un état connu bon. C'est aussi, et c'est le point qui nous concerne, la première opération de toute récupération sérieuse : nous ne travaillons jamais sur un disque malade, nous travaillons sur son clone, et la tarification de cette prestation figure sur notre page de tarif de clonage et de sauvegarde de disque dur(opens in new tab).
Laquelle choisir, selon ce que vous craignez
- Vous craignez la panne du disque et vous voulez repartir vite : clonage, refait à chaque changement important.
- Vous craignez une suppression ou une fausse manipulation : copie figée, gardée hors ligne.
- Vous craignez un rançongiciel : copie figée hors ligne, ou synchronisation avec versionnage et rétention longue.
- Vous craignez le vol, l'incendie ou le dégât des eaux : une copie figée hors du lieu, cloud avec versionnage ou disque stocké ailleurs.
- Vous voulez travailler des mêmes fichiers depuis plusieurs machines : synchronisation, et elle ne compte pas comme une sauvegarde.
Aucune de ces réponses n'est exclusive : les trois se combinent, et c'est précisément ce que formalise la règle des sauvegardes multiples décrite sur notre page consacrée aux solutions pour sauvegarder ses données personnelles(opens in new tab). Trois exemplaires, deux supports de nature différente, un exemplaire ailleurs.
Ce que nous voyons arriver au laboratoire
Trois situations reviennent chaque mois, et toutes les trois commencent par la même phrase, j'avais une sauvegarde.
- Le dossier cloud synchronisé. Le disque n'a rien, c'est l'utilisateur qui a supprimé un dossier de travail. La suppression est partie dans le cloud dans la minute, et la rétention du service était de trente jours, dépassés depuis longtemps.
- La copie de fichiers faite dans l'urgence. Le disque faiblissait, la copie a tourné toute la nuit, elle s'est terminée avec un message d'erreur refermé sans être lu. Les dossiers les plus anciens manquent, et le disque source a définitivement lâché depuis.
- Le clone fait après coup. Le disque avait déjà des secteurs défectueux, le clonage a été lancé avec un outil grand public qui insiste sur les zones illisibles, et le disque s'est arrêté au milieu. Un clonage prudent, mené avec un équipement qui sait abandonner une zone et y revenir plus tard, aurait sorti la quasi totalité des données.
La leçon tient en une ligne : une copie ne vaut que si elle a été vérifiée, et une copie faite sur un disque déjà malade doit être confiée à un laboratoire. Nous traitons ces cas en récupération de données disque dur(opens in new tab), avec diagnostic gratuit, devis ferme avant intervention et aucun frais si la récupération échoue.
Ce qu'il ne faut pas faire
- Ne pas compter un dossier synchronisé comme une sauvegarde sans vérifier le versionnage et la rétention.
- Ne pas considérer un RAID ou un NAS miroir comme une sauvegarde, il réplique les suppressions.
- Ne pas lancer une copie ou un clonage sur un disque qui cliquette, qui ralentit ou qui disparaît par intermittence.
- Ne pas écraser la sauvegarde précédente par la nouvelle, garder au moins deux générations.
- Ne pas laisser le disque de sauvegarde branché en permanence, un rançongiciel chiffre aussi les volumes connectés.
- Ne pas archiver sans relire, une sauvegarde jamais ouverte n'est pas une sauvegarde vérifiée.
Le jour où la copie manque, il reste le disque d'origine.
FAQ - Synchronisation, copier coller ou clonage
Quelle est la différence entre synchronisation et sauvegarde ?
La synchronisation maintient deux emplacements identiques en permanence, donc elle recopie aussi les suppressions et les fichiers abîmés. Une sauvegarde est figée à un instant donné et survit à ce qui arrive ensuite à l'original.
Un dossier cloud suffit il comme sauvegarde ?
Seulement s'il conserve les versions antérieures et les fichiers supprimés pendant une durée que vous connaissez. Sans versionnage ni rétention, il ne protège que de la panne du disque.
Vaut il mieux copier coller ou cloner un disque ?
Pour quelques dossiers personnels, la copie suffit et reste simple. Pour repartir vite après une panne, avec le système et les logiciels, seul le clonage répond.
Le clonage sauvegarde t il les fichiers supprimés ?
Oui, puisqu'il reproduit le volume entier, y compris les zones marquées libres qui contiennent encore des données. Une copie de fichiers, elle, ne prend que ce qui est visible.
Peut on cloner un disque qui a des secteurs défectueux ?
Pas avec un outil grand public, qui insiste sur les zones illisibles et achève le disque. Cela demande un équipement qui sait abandonner une zone et y revenir, sous contrôle.
Combien de temps garder une sauvegarde ?
Au moins deux générations, et une durée qui dépasse le délai auquel vous pourriez vous apercevoir d'une erreur. Un chiffrement ou une suppression passent souvent inaperçus plusieurs semaines.
