Sur un disque dur tombé, deux situations seulement sont définitivement sans retour : des plateaux brisés, et des plateaux rabotés par les têtes de lecture. Dans les deux cas, la couche magnétique qui portait les données n'existe plus physiquement. Tout le reste, têtes collées, moteur bloqué, firmware touché, se récupère en laboratoire.

Disque dur tombé dont les données ne sont plus récupérables

La plupart des disques dits irrécupérables ne le sont pas.

La hauteur de la chute ne dit rien

Tous les clients qui nous apportent un disque tombé racontent la chute de la façon la plus optimiste possible, en insistant sur la faible hauteur. Ce paramètre n'est pas celui qui décide. Ce qui décide, c'est l'état du disque au moment du choc, en rotation ou à l'arrêt, l'axe de l'impact et la surface de réception. Un disque tombé de trente centimètres sur du carrelage alors qu'il écrivait subit davantage qu'un disque tombé d'un mètre sur de la moquette alors qu'il était éteint.

Une remarque sur les protections. Les boîtiers renforcés, les coques en silicone et les habillages antichoc, souvent orange, ne protègent pas le mécanisme interne d'une chute. Ils protègent le boîtier et la connectique. La décélération que subit le bloc de têtes ne change pratiquement pas.

Plateaux cassés, le cas sans discussion

Le plateau est le support physique des données. Selon la technologie, il est en alliage métallique ou en verre, recouvert d'une couche ferromagnétique sensible à l'excitation magnétique. Un plateau en verre se comporte comme une assiette : sous le choc, il se fêle, se fend ou se brise.

Plateaux de disque dur brisés en morceaux après une chute

Le diagnostic se fait sans ouvrir le disque et sans le brancher. En inclinant lentement le disque de gauche à droite, une seule fois, un bruit de billes ou de maracas signe des plateaux brisés. Il n'y a alors rien à tenter, et c'est une bonne nouvelle de le savoir tout de suite : cela évite des semaines de faux espoirs, et surtout cela évite de confier le disque à un intervenant qui facturera une tentative vouée à l'échec.

Cette technologie de plateaux en verre a pratiquement disparu. Les disques de moins de dix ans ont des plateaux en alliage, qui ne se brisent pas. Ils restent parfaitement destructibles, comme le montre le cas suivant.

Plateaux rabotés, la destruction en marche

Reprenons le principe de fonctionnement. À la mise sous tension, le plateau accélère. Quand il atteint sa vitesse nominale, 5 400 ou 7 200 tours par minute, une couche d'air se forme à sa surface. Le bras des têtes se déplace alors au dessus des plateaux sans jamais les toucher, séparé d'eux par quelques microns. À l'arrêt, le bras se retire sur une rampe et la rotation ralentit jusqu'à s'arrêter.

Si le disque tombe pendant cette rotation, la distance entre les têtes et les plateaux tombe à zéro. Les têtes, entraînées par la surface qui défile sous elles, se comportent comme un rabot.

Plateau de disque dur raboté, couche magnétique arrachée

Le rabotage arrache la couche sensible au champ magnétique et met le plateau à nu. Ce qui disparaît n'est pas un fichier, ni une table d'allocation, ni un index : c'est le matériau qui portait l'information. Aucun logiciel, aucun laboratoire et aucune salle blanche ne reconstitue une couche magnétique arrachée. Le même mécanisme est décrit avec ses photographies dans notre page sur la [chute du disque dur](https://diskeom-recuperation-donnees.com/chute-disque-dur), aux paragraphes plateaux rabotés.

Le rabotage est rarement total. Le plus souvent, il ne touche qu'une couronne du plateau, celle où se trouvaient les têtes au moment du choc. Le reste de la surface est intact, et les fichiers qui s'y trouvent sont lisibles. C'est pour cela qu'un disque raboté donne presque toujours une récupération partielle, et pratiquement jamais zéro.

H2 : Ce qui n'est pas irrécupérable, et qu'on croit perdu

Un disque tombé qui ne démarre plus n'est pas un disque raboté. Un disque silencieux, un disque qui fait bip bip puis se tait, un disque qui claque, un disque non détecté par le BIOS : ces quatre situations correspondent à des têtes collées, un moteur bloqué, un moteur grippé ou un firmware touché. Toutes se traitent, et la procédure est décrite dans notre page sur la récupération de données de disque dur tombé.

La confusion coûte cher dans les deux sens. Ceux qui jettent un disque récupérable perdent leurs données pour rien. Ceux qui s'acharnent sur un disque raboté paient des tentatives qui n'aboutiront pas. C'est exactement à cela que sert un diagnostic en laboratoire, et c'est pour cela qu'il est gratuit.

Que faire d'un disque déclaré irrécupérable

Ne le jetez pas tel quel. Un plateau raboté sur une couronne conserve le reste de sa surface lisible, donc vos données. Si le disque contenait des informations personnelles ou professionnelles, il doit être détruit physiquement, selon la méthode décrite dans notre article sur la destruction définitive d'un disque dur.

Et si le sujet est le remplacement, la vraie leçon d'une chute n'est pas le choix du prochain boîtier, mais la mise en place d'une sauvegarde. Les mesures qui fonctionnent réellement sont listées dans notre page pour éviter la perte de données.

Dans tous les autres cas, les données se lisent encore : voir notre page récupération de données sur disque dur.(opens in new taDans tous les autres cas, les données se lisent encore : voir notre page récupération de données sur disque dur.

Un avis de laboratoire avant la poubelle.

FAQ - Disque dur tombé irrécupérable

Comment savoir si les plateaux sont cassés sans ouvrir le disque ?

En inclinant lentement le disque de gauche à droite, une seule fois. Un bruit de billes ou de maracas signe des plateaux brisés. C'est le seul diagnostic fiable qui se fasse sans brancher le disque.

Un plateau rayé peut il être poli ou réparé ?

Non. La couche magnétique fait quelques dizaines de nanomètres d'épaisseur et c'est elle qui porte l'information. La retirer efface les données, et il n'existe aucun procédé pour la reconstituer.

Un disque raboté donne t il toujours zéro fichier ?

Non, presque jamais. Le rabotage touche en général la couronne où se trouvaient les têtes au moment de la chute. Le reste de la surface est lisible, et une récupération partielle est le résultat habituel.

Les coques antichoc servent elles à quelque chose ?

Elles protègent le boîtier et la connectique, pas le mécanisme interne. Elles ne modifient pas de façon significative la décélération que subit le bloc de têtes lors de l'impact.

Mon disque tombé ne fait aucun bruit et n'est pas détecté, est il perdu ?

Pas du tout. C'est la signature typique de têtes collées ou d'un moteur bloqué, deux situations qui se récupèrent en salle blanche. Le disque doit simplement rester éteint jusqu'à sa prise en charge.

Faut il détruire un disque déclaré irrécupérable ?

Oui s'il contenait des données personnelles ou professionnelles. Irrécupérable pour vous ne veut pas dire illisible pour tout le monde : la partie non rabotée de la surface reste lisible en laboratoire.

Disque dur tombé : les deux cas où les données sont perdues
Étiqueté avec :