La récupération de données sur un disque dur tombé réussit dans la plupart des cas de têtes collées, de moteur bloqué ou de moteur grippé, à condition que les plateaux n'aient pas été rayés. Tout se joue avant : un disque tombé qu'on rallume plusieurs fois passe souvent d'un cas récupérable à un cas définitivement perdu.
Chaque démarrage abîme un peu plus un disque tombé.
Ce qui décide de la réussite
Trois éléments déterminent si les données reviennent. L'état des plateaux d'abord : tant que la couche magnétique est intacte, tout le reste se répare ou se remplace. L'état du firmware ensuite, car un disque dont la zone de service a été percutée ne s'initialise plus, même mécanique saine. Le comportement de l'utilisateur enfin, qui est le seul paramètre encore modifiable au moment où le disque arrive chez nous. Les cas sans retour sont détaillés à part, dans notre page sur la récupération de données impossible(opens in new tab) après une chute.
Si vous ne savez pas encore quoi faire du disque, commencez par les gestes décrits dans que faire si le disque dur est tombé(opens in new tab), puis revenez ici.
Disque dur tombé avec moteur bloqué
C'est le cas le plus fréquent, en particulier quand le disque tournait au moment de la chute de disque dur(opens in new tab).
Juste avant l'impact, les têtes flottaient au dessus des plateaux à quelques microns pour lire ou écrire. La chute annule cette distance, les têtes touchent la surface et l'adhérence les y maintient. À la mise sous tension, le moteur ne parvient plus à lancer les plateaux : au stéthoscope, ou simplement le disque à l'oreille, on entend un bip bip court, puis plus rien.
Ce que les têtes collées entraînent
Les conséquences ne sont pas les mêmes d'un disque à l'autre, parce que l'endroit du contact n'est jamais le même. On distingue quatre atteintes possibles, souvent combinées : les têtes de lecture elles mêmes, déformées ou arrachées, les impacts physiques laissés sur les plateaux, la corruption des données situées sous ces impacts, données de l'utilisateur ou données de contrôle du disque, et enfin, dans les cas sévères, la création de sillons profonds ou un rabotage complet de la surface. Ce dernier cas est le seul qui ferme définitivement le dossier.
La procédure de récupération, dans l'ordre
- Ouvrir le disque en salle blanche, ou sous une hotte à flux laminaire de qualité d'air équivalente.
- Libérer les plateaux en retirant le bloc de têtes complet, jamais en tirant sur les têtes collées.
- Examiner les têtes au microscope avant toute décision, cette vérification visuelle évite de reposer un bloc déjà abîmé sur une surface saine.
- Reposer le bloc si son état le permet, sinon préparer un bloc donneur de référence identique.
- Nettoyer les plateaux à l'air sec et filtré, puis refermer le disque.
- Mettre sous tension et, si le disque est reconnu, lire et sauvegarder le firmware immédiatement, avant toute autre opération.
- Si le disque n'est pas reconnu ou s'il claque, remplacer le bloc de têtes pour accéder à la zone de service.
- Si le problème persiste, analyser et réparer le [firmware](https://fr.wikipedia.org/wiki/Firmware) avec l'équipement de laboratoire. Un firmware irréparable ferme l'accès aux données.
- Une fois l'accès obtenu, réaliser un clonage(opens in new tab) physique secteur à secteur, tête par tête, pour sortir les données sans exposer le disque à des déplacements aléatoires.
- Extraire et reconstruire les fichiers à partir de l'image, jamais à partir du disque d'origine.(opens in new tab)
(opens in neCette séquence n'est pas modulable. C'est l'ordre qui protège les plateaux, et un disque tombé ne donne qu'un nombre limité de démarrages avant que la surface ne se dégrade.
Disque à l'arrêt au moment de la chute
Si le disque ne fonctionnait pas, les têtes étaient rangées sur leur rampe et n'ont pas touché les plateaux. La chute peut néanmoins les déformer.
Dans cette configuration, la chute en elle même est bénigne : le remplacement du bloc de têtes suffit et la récupération est quasi certaine. C'est la mise sous tension qui crée le dommage. En rallumant le disque, on force des têtes déformées à survoler les plateaux, et si la déformation est importante, le crash devient inévitable, avec rayures, sillons ou rabotage à la clé. Un disque tombé éteint doit donc rester éteint.
Disque dur tombé avec moteur grippé
Un moteur grippé ne tourne plus, même après libération des plateaux. La situation est plus rare et concerne à 90 pour cent des cas les disques 3.5 pouces, avec une surreprésentation nette des modèles Seagate à bain d'huile. La récupération repose alors sur quelques principes stricts : dégripper le moteur, ou transférer les plateaux sur un châssis identique au moteur fonctionnel, conserver rigoureusement l'alignement relatif des plateaux entre eux, conserver leur nivellement car un plateau voilé provoque un crash des têtes, et remplacer le bloc de têtes. Des secteurs défectueux sont ensuite toujours probables, ce qui rend le clonage obligatoire plutôt qu'une lecture directe. Si la zone du firmware a été gravement atteinte, la récupération s'arrête là.
Ce que nous rendons, et sous quelle forme
Le résultat d'une intervention sur disque tombé est une arborescence de fichiers restituée sur un support neuf, accompagnée de la liste des fichiers non lus quand des zones ont été perdues. Nous ne rendons jamais un disque tombé remis en service : un disque ouvert en salle blanche fonctionne le temps du clonage, pas au delà. Le diagnostic est gratuit, le devis est ferme avant intervention, et il n'y a aucun frais si la récupération échoue. Le détail de la prise en charge figure sur notre page récupération de données disque dur.(opens in new tab)
Le premier geste : ne plus le brancher.
FAQ - Récupération de données disque dur tombé
Combien de temps prend la récupération d'un disque tombé ?
Une intervention avec ouverture en salle blanche demande en général 3 à 5 jours ouvrés, le clonage secteur à secteur représentant l'essentiel de ce délai. Un service express existe quand les données sont vitales.
Faut il remplacer le bloc de têtes à chaque fois ?
Non. Quand l'examen au microscope montre des têtes intactes, le bloc d'origine est reposé, ce qui est toujours préférable puisqu'il est apparié d'usine avec les plateaux. Le bloc donneur ne sert que si une tête est déformée ou arrachée.
Pourquoi cloner le disque plutôt que copier les fichiers ?
Parce qu'une copie de fichiers fait sauter les têtes d'un bout à l'autre des plateaux, ce qui multiplie les passages au dessus des zones abîmées. Le clonage lit dans l'ordre physique, une seule fois, et tout le travail d'extraction se fait ensuite sur l'image.
Un disque tombé qui claque est il récupérable ?
Souvent oui. Le claquement signale que les têtes ne trouvent plus leur repère, ce qui vient d'un bloc de têtes endommagé ou d'un firmware illisible, deux situations qui se traitent. Le point à ne pas franchir est de laisser le disque claquer pendant des minutes.
Le grippage du moteur est il fréquent après une chute ?
Il reste rare, et concerne presque uniquement les disques 3.5 pouces à bain d'huile. Il est en revanche plus lourd à traiter que des têtes collées, car il impose souvent un transfert de plateaux.
Que se passe t il si les données sont trop abîmées ?
Le devis n'est pas dû et le disque vous est restitué. Nous fournissons la liste des zones illisibles quand une récupération partielle a été possible, pour que vous sachiez précisément ce qui manque.
