Un diagnostic de disque dur commence toujours avant la mise sous tension. Interroger le propriétaire, inspecter le corps, démonter la carte électronique, tester le moteur au multimètre : ces quatre étapes prennent vingt minutes et évitent le geste qui rend un disque définitivement irrécupérable. Voici le protocole appliqué en laboratoire.

diagnostic d'un disque dur en panne au laboratoire Diskeom

Un disque tombé ou noyé ? Ne le branchez pas, même une seconde.

Ce qui se passe quand on branche le disque trop tôt

C'est le réflexe de tout le monde, y compris de nombreux techniciens : brancher le disque et observer sa réaction. C'est aussi la première façon de perdre les données.

Deux mécanismes expliquent pourquoi.

  1. Windows, au démarrage, ne reste pas passif. Il détecte le volume, constate une anomalie et lance ses propres outils de réparation du système de fichiers. Sur un disque défectueux, ces écritures automatiques peuvent le rendre complètement irrécupérable, et elles ont lieu avant même que vous ayez cliqué sur quoi que ce soit.
  2. Les têtes de lecture peuvent être collées sur les plateaux. Si le moteur reçoit du courant dans cet état, il tente de faire tourner les plateaux, et les têtes peuvent s'arracher du bras. Elles rayent alors la surface et détruisent des zones qui contiennent des données de service indispensables au fonctionnement du disque.

Un disque ayant subi une chute, un choc violent ou une noyade ne se met jamais sous tension. Il s'ouvre d'abord en salle blanche, pour observer les têtes et les plateaux, et les nettoyer si nécessaire.

Étape 1, interroger le propriétaire

L'histoire du disque oriente tout le reste, et elle ne s'obtient qu'en posant les questions.

  • Quand et comment le problème s'est il produit ?
  • Que s'est il passé juste avant : coupure de courant, chute, déplacement, mise à jour, formatage ?
  • Quelles manipulations ont déjà été tentées : logiciels de récupération, changement de carte électronique, ouverture du disque à l'air libre ?
  • Le disque a t il déjà été confié à une autre entreprise de récupération de données ?
  • Quelles données sont prioritaires : tout le contenu, une partition, quelques dossiers, certains fichiers ?

Il faut aussi se renseigner sur le comportement observé. Le moteur tourne t il ? Y a t il un bruit inhabituel ? Le disque est il détecté avec son modèle et sa capacité ? Les données sont elles partiellement accessibles ?

Un disque déjà ouvert à l'air libre ou déjà traité ailleurs change complètement la stratégie. Les signes d'un disque dur défectueux décrits par le propriétaire valent autant que la mesure.

Étape 2, inspecter le corps du disque

L'examen visuel révèle des choses qu'aucun logiciel ne verra.

  • Examinez la forme générale du disque. Les modèles 2,5 pouces portent souvent des traces de chute visibles, coins enfoncés, bords déformés.
  • Regardez les vis du capot, en particulier celles dissimulées sous l'étiquette. Des traces d'outil signalent une ouverture antérieure, donc une contamination probable des plateaux.

Avant toute mise sous tension, inclinez très doucement le disque de droite à gauche et écoutez. Le bruit d'un élément libre à l'intérieur signale une pièce cassée. Faire tourner les plateaux dans cet état revient à les rayer définitivement : il faut ouvrir le disque pour retirer les débris et remplacer les pièces avant tout essai.

Étape 3, diagnostiquer la carte électronique

La carte PCB se détache du corps du disque et s'examine séparément.

  • Cherchez un composant brûlé, une corrosion des pistes, des traces de flux de soudure mal nettoyé.
  • Vérifiez la présence de la ROM, qui contient une partie des paramètres propres au disque, et l'emplacement des cavaliers.
  • Contrôlez l'état des connecteurs SATA, IDE ou SAS.
carte électronique PCB de disque dur en panne, composant brûlé et points de contact oxydés

Portez une attention particulière aux points de contact du bloc de têtes et du moteur. Ils s'oxydent, et un contact terne suffit à empêcher le disque de démarrer. Nettoyez les jusqu'à ce qu'ils soient brillants : cette seule opération résout un nombre de cas surprenant.

Étape 4, tester le moteur au multimètre

Un moteur de disque dur n'a que deux configurations possibles, en étoile à quatre points ou en delta à trois points. Cette contrainte rend le test simple et fiable.

Mesurez la résistance entre les points concernés avec un multimètre. La valeur attendue se situe entre 2 et 4 ohms.

mesure au multimètre des résistances du moteur d'un disque dur, configuration en étoile

Une valeur nulle signale un court circuit, une valeur très élevée un circuit ouvert. Dans les deux cas, le moteur vibrera sans jamais atteindre sa vitesse nominale.

Un moteur défaillant impose le transfert des plateaux vers un corps de disque identique, opération qui se réalise en salle blanche.

Vérifiez au passage le câblage du moteur, les fusibles et les diodes de protection contre les surtensions.

Le préamplificateur, à vérifier avant de remplacer la carte

Le préamplificateur des signaux de têtes brûle dans la plupart des cas en même temps que la carte électronique.

Examinez le avant d'installer une carte neuve. S'il est en court circuit, il détruira la nouvelle carte dès la mise sous tension, et vous aurez perdu deux cartes au lieu d'une.

C'est l'erreur la plus fréquente lors d'un remplacement de PCB, et elle est irréversible pour la carte de rechange.

Étape 5, la première mise sous tension

Elle ne se fait qu'une fois les quatre étapes précédentes validées.

  • Tenez le disque fermement d'une main, l'autre restant libre pour débrancher immédiatement.
  • Écoutez les premiers mouvements au stéthoscope. Les toutes premières secondes disent l'essentiel : un démarrage franc et régulier, ou des vibrations et des bruits anormaux.

Au moindre bruit suspect, débranchez et passez en salle blanche. Ce sont les pannes mécaniques qui se jouent à cet instant précis.

Si le disque tourne proprement et sans bruit, le diagnostic se poursuit par les moyens logiciels : lecture de l'état SMART et mesure de la courbe de lecture, décrites sur la page [tester un disque dur.

Ce que ce protocole change pour vous

Vous n'avez ni salle blanche, ni multimètre, ni stéthoscope, et c'est normal. Ce qui compte est de savoir ce qui doit être fait avant qu'un disque soit branché.

  • Un prestataire qui branche votre disque immédiatement pour voir prend un risque à votre place.
  • Un laboratoire qui vous interroge longuement avant de toucher au disque fait exactement ce qu'il faut.

Chez Diskeom, ce protocole est appliqué avant toute intervention, et le diagnostic est gratuit. La suite, remise en fonctionnement, clonage et extraction, est détaillée sur la page récupération de données sur disque dur. Les pannes matérielles expliquent ce que chaque symptôme désigne.

Faites diagnostiquer votre disque avant que quelqu'un le branche pour voir.

FAQ - Diagnostic de disque dur

Puis je diagnostiquer mon disque dur moi même ?

En partie seulement. Vous pouvez décrire les circonstances, écouter le disque et regarder s'il est détecté. Tout ce qui suppose de démonter la carte, de mesurer le moteur ou d'ouvrir le disque demande un équipement et une salle blanche. Le reste du protocole n'est pas transposable à la maison.

Pourquoi ne faut il pas brancher un disque tombé ?

Parce que les têtes peuvent être posées sur les plateaux. Le moteur va tenter de tourner, les têtes peuvent s'arracher du bras et rayer la surface, y compris les zones de service sans lesquelles le disque ne fonctionne plus du tout. Un disque tombé s'ouvre avant de recevoir du courant.

Combien de temps prend un diagnostic ?

Le protocole d'examen prend en général vingt à trente minutes hors ouverture. Une ouverture en salle blanche allonge le délai. Chez Diskeom le diagnostic est gratuit, et il aboutit à un devis ferme avant toute intervention.

Peut on remplacer soi même la carte électronique d'un disque dur ?

Non, pas en achetant une carte identique et en la branchant. Chaque carte contient des paramètres propres à son disque, et il faut aussi vérifier le préamplificateur avant : s'il est en court circuit, il détruit la carte neuve dès la mise sous tension.

Un disque qui ne tourne pas est il toujours perdu ?

Non. Un moteur bloqué ou une carte grillée laissent les plateaux intacts, donc les données aussi. Le test au multimètre distingue un moteur en court circuit d'un moteur sain mal alimenté, et le traitement diffère complètement dans les deux cas.

Pourquoi nettoyer les points de contact du disque dur ?

Parce qu'ils s'oxydent avec le temps et que le disque ne démarre plus. C'est l'opération la plus simple du protocole, et elle suffit à faire repartir un nombre de disques qu'on aurait pu croire électroniquement morts.

Diagnostic de disque dur : la méthode complète
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