Que faire en cas de perte de données ? Arrêter le support immédiatement, ne plus le rallumer, n'y rien installer, refuser toute proposition de réparation automatique, et noter ce qui s'est passé juste avant. Ces cinq gestes pèsent plus sur le résultat final que la panne elle même.
Le support est encore branché ? Débranchez le, puis décrivez nous la situation.
Geste 1, arrêter le support tout de suite
C'est le seul geste qui compte vraiment, et c'est celui qu'on repousse le plus.
Un fichier supprimé n'est pas effacé, son emplacement est simplement déclaré libre, comme l'explique la page ce que devient un fichier supprimé(opens in new tab). Tant que rien n'y est écrit, le contenu est intact. Chaque minute d'utilisation supplémentaire donne au système une occasion d'y écrire autre chose : un fichier temporaire, une mise à jour, une synchronisation en arrière plan.
Arrêter proprement si le système répond encore. Couper l'alimentation s'il ne répond plus. Débrancher le support s'il est externe.
Le compteur qui compte n'est pas celui des jours écoulés, c'est celui des heures d'utilisation. Un support débranché ce soir et confié dans six mois donne un meilleur résultat qu'un support gardé en service une heure de plus aujourd'hui.
Geste 2, ne pas rallumer pour vérifier
Le réflexe naturel est de rebrancher pour voir si ça remarche. C'est ce réflexe qui transforme une panne réparable en perte définitive.
Sur un support qui fait du bruit, cliquetis, grattement ou sifflement, chaque démarrage fait tourner les plateaux sous des têtes mal positionnées, et chaque tour ajoute des rayures. La couche magnétique arrachée ne se reconstruit pas. Ces situations relèvent de la panne mécanique(opens in new tab).
Sur un support muet, les branchements répétés sur des alimentations mal adaptées achèvent une électronique déjà fragile.
Un support ne se teste pas dix fois. Il se teste une fois, et si le résultat n'est pas bon, il s'arrête là.
Geste 3, ne rien installer et ne rien lancer dessus
Un logiciel de récupération installé sur le support concerné écrit ses fichiers programme et ses index à l'endroit exact que l'on cherche à récupérer.
Même lancé depuis un autre disque, il sollicite le support en continu pendant des heures, ce qui est sans danger sur un support sain mais destructeur sur un support fragile.
La règle du laboratoire est simple et elle vaut aussi à la maison : on travaille sur une copie, jamais sur l'original. Le détail des outils et de leurs limites réelles est sur la page des méthodes de récupération de données(opens in new tab).
Si le support est encore lisible et que des fichiers importants apparaissent, les copier ailleurs est la seule opération qui vaille la peine d'être tentée, et uniquement en lecture.
Geste 4, refuser toute réparation automatique
Le système propose souvent de réparer, d'analyser ou de formater le support pour le rendre utilisable. Ces trois propositions écrivent sur le support.
Un message qui demande de formater ne signifie pas que les données sont perdues. Il signifie que le système ne reconnaît plus la structure, alors que les fichiers sont toujours là. Accepter le formatage détruit la seule chose qui restait à reconstruire.
Les outils de vérification intégrés réorganisent les zones défectueuses en écrivant dessus. Sur un support porteur de secteurs défectueux(opens in new tab), ils aggravent la situation à chaque passage.
Le cas d'une partition qui bascule en RAW est traité sur la page réparer une partition RAW(opens in new tab).
Geste 5, noter ce qui s'est passé juste avant
Cinq lignes suffisent, et elles font gagner du temps au diagnostic.
Ce qui s'est produit avant la perte : chute(opens in new tab), coupure de courant, formatage, mise à jour, orage, message d'erreur précis.
Ce qui a été tenté depuis, honnêtement. Un logiciel lancé, un boîtier ouvert, une carte échangée : le dire ne change rien au tarif, mais le cacher fait perdre des heures et parfois des fichiers.
Le comportement observé : bruit ou silence, détection ou non, capacité affichée correcte ou fantaisiste.
Ce qu'il faut retrouver en priorité. Une récupération partielle qui rend les bons dossiers vaut mieux qu'une récupération complète mal triée.
Les six erreurs qui coûtent le plus cher
Toutes sont fréquentes, et toutes sont irréversibles.
- Continuer à utiliser le support en espérant que ça passe.
- Rallumer un support qui fait du bruit, plusieurs fois de suite.
- Accepter le formatage proposé par le système.
- Installer un logiciel de récupération sur le support concerné.
- Mettre le support au congélateur. Cette méthode circule encore et n'a jamais rien réparé : elle ajoute de la condensation sur des plateaux qui seront ouverts ensuite.
- Ouvrir le boîtier pour regarder. L'air d'une pièce ordinaire contient plusieurs centaines de milliers de particules par litre, et une seule suffit à rayer un plateau en rotation. C'est la raison d'être de la salle blanche(opens in new tab).
Ce qui change selon le support
Les cinq gestes valent pour tous les supports, mais deux nuances comptent.
Sur un disque SSD(opens in new tab), l'urgence est encore plus forte. Le disque efface en arrière plan les blocs marqués comme libres, sans attendre qu'on lui écrive quoi que ce soit. Un fichier supprimé peut disparaître en quelques minutes, support allumé et inutilisé.
Sur une clé USB(opens in new tab) ou une carte mémoire(opens in new tab), le risque principal est mécanique : les rebranchements répétés achèvent un connecteur déjà fissuré.
Sur un serveur RAID(opens in new tab), il ne faut surtout pas lancer une reconstruction. Une grappe dégradée qui reconstruit sur un disque défaillant perd la redondance qui restait.
Sur un disque dur externe(opens in new tab), la panne vient souvent du boîtier et non du disque, et c'est le cas le plus favorable.
Ensuite, ce qui se passe
Le support est arrêté, la situation est notée. La suite ne se décide pas seule.
Un diagnostic établit ce qui est réellement cassé et donne la liste des fichiers récupérables, avant tout engagement. Le déroulé complet est décrit sur la page des étapes de la récupération de données(opens in new tab), et ce qu'on obtient selon la situation sur la page des données perdues sur un disque dur(opens in new tab).
Quand l'attente n'est pas possible, une procédure accélérée existe, décrite sur la page récupération de données en urgence(opens in new tab).
Les causes qui mènent à ces situations sont détaillées sur la page des causes de perte de données(opens in new tab).
Vous avez fait les cinq gestes ? La suite commence par un diagnostic.
FAQ - Que faire en cas de perte de données
Faut il éteindre l'ordinateur immédiatement ?
Oui, et proprement si le système répond encore. S'il ne répond plus, ou si le disque fait du bruit, couper l'alimentation directement. Chaque minute d'utilisation supplémentaire donne au système une occasion d'écrire par dessus les données(opens in new tab) que l'on cherche à récupérer.
Combien de temps ai je pour réagir ?
Ce n'est pas une question de délai mais d'usage. Un support débranché ne perd rien, même après des années. Un support qui reste en service perd des données à chaque écriture. La seule urgence est de l'arrêter, pas de faire vite ensuite.
Puis je essayer un logiciel de récupération moi même ?
Sur un support sain et pour une simple suppression, oui, à condition de ne rien installer dessus et de travailler en lecture. Sur un support qui fait du bruit, qui n'est pas détecté ou qui multiplie les erreurs, non : le logiciel le sollicite pendant des heures et aggrave la panne.
Le système me propose de formater, faut il accepter ?
Non, jamais. Ce message signifie que le système ne reconnaît plus la structure du support, pas que les fichiers ont disparu. Ils sont toujours là. Accepter le formatage détruit précisément ce qu'il restait à reconstruire.
Que faire si le disque fait du bruit ?
Le débrancher et ne plus le rallumer. Un cliquetis ou un grattement signale des têtes qui ne trouvent plus leur piste. Elles frottent la surface à chaque démarrage, et la couche magnétique arrachée ne se reconstruit jamais.
Faut il ouvrir le boîtier pour voir l'état du disque ?
Non. Un plateau exposé à l'air d'une pièce ordinaire est rayé par la première particule qui s'y dépose. L'ouverture se fait sous flux laminaire, en salle blanche, et uniquement quand la panne l'exige.
