Des données perdues sur un disque dur restent récupérables dans la grande majorité des cas, y compris après un formatage, une chute ou une panne électronique. Deux situations seulement sont sans retour : une surface de plateau rayée, et un emplacement déjà réécrit par de nouvelles données.
Vos fichiers sont peut être encore là. Faites vérifier avant de renoncer.
Les deux seules pertes définitives
Tout le reste se discute. Ces deux situations, non.
- La surface magnétique arrachée. Quand une tête de lecture touche un plateau en rotation, elle racle la couche magnétique sur la zone qu'elle traverse. Ce qui y était écrit n'existe plus, aucun laboratoire au monde ne le reconstruit. Le reste du plateau, lui, se récupère normalement.
- L'emplacement réécrit. Un fichier supprimé n'est pas effacé(opens in new tab), son emplacement est simplement déclaré libre. Tant que le système n'y a rien écrit d'autre, le contenu est intact. Dès qu'il y écrit, l'ancien contenu est remplacé, définitivement.
Ces deux mécanismes expliquent pourquoi la même panne donne un résultat complet chez l'un et partiel chez l'autre. La différence ne tient pas au laboratoire, elle tient à ce qui s'est passé entre la perte et l'arrêt du disque.(opens in new tab)
Après une suppression ou un formatage
Récupération complète dans la plupart des cas, à une condition : que le disque ait cessé d'être utilisé.
Un formatage rapide ne touche pas aux données, il remet à zéro la table qui dit où elles se trouvent. Les fichiers sont tous là, il ne reste qu'à reconstruire la carte. Un formatage complet est différent, il écrit sur toute la surface et ne laisse rien.
Le danger n'est pas le formatage, c'est l'usage qui suit. Réinstaller un système, copier de nouveaux fichiers ou laisser tourner une sauvegarde automatique sur ce disque écrase les emplacements un par un. Le détail de ces situations est sur la page récupération de données après formatage.(opens in new tab)
Ce qui décide ici se compte en heures d'utilisation, pas en jours écoulés. Un disque débranché immédiatement et confié six mois plus tard donne un meilleur résultat qu'un disque utilisé une heure de plus le jour même.
Après une chute ou un choc
Résultat très variable, et c'est le seul cas où la première mise sous tension décide de tout.
Une chute déplace le bloc de têtes(opens in new tab). Trois issues sont possibles. Les têtes sont restées en position de repos et le disque redémarre normalement, la récupération est complète. Les têtes sont bloquées sur les plateaux(opens in new tab) sans les avoir rayés, la récupération est complète après ouverture en salle blanche.(opens in new tab) Les têtes ont raclé la surface, et les zones traversées sont perdues.
Le geste qui fait basculer d'une issue à l'autre est toujours le même : rallumer le disque pour voir s'il fonctionne encore. Chaque démarrage fait tourner les plateaux sous des têtes mal positionnées. Les cas de ce type sont traités sur la page disque dur tombé(opens in new tab) et sur celle de la panne mécanique.(opens in new tab)
Un bruit de cliquetis après une chute veut dire que les têtes cherchent une piste qu'elles ne trouvent plus. Le disque doit être arrêté immédiatement.
Après une panne électronique
Récupération complète, presque toujours. C'est la meilleure nouvelle de cette page.
Un disque muet au branchement, sans le moindre bruit, avec parfois une odeur de brûlé ou une trace noire sur la carte, a perdu son électronique. Les plateaux n'ont jamais été sollicités, donc rien n'a été touché.
L'intervention porte sur la carte, pas sur les données. Elle demande de transférer la mémoire de calibration propre à l'exemplaire, faute de quoi le disque reste illisible même avec une carte identique. La méthode est décrite sur la page des méthodes de récupération de données(opens in new tab).
Le seul risque, à ce stade, est de multiplier les tentatives de branchement sur des alimentations mal adaptées.
Après une coupure ou une mise à jour interrompue
Récupération complète dans la plupart des cas, avec parfois quelques fichiers en cours d'écriture perdus.
Une coupure pendant une écriture laisse le système de fichiers dans un état incohérent : la table dit une chose, la surface en dit une autre. Le disque devient illisible, ou il demande à être formaté, alors que rien n'est physiquement abîmé.
Les fichiers qui étaient ouverts au moment de la coupure peuvent être tronqués. Tous les autres sont intacts. Ce type de situation relève des pannes logiques(opens in new tab).
L'erreur classique consiste à accepter la proposition de formatage affichée par le système, ou à lancer une réparation automatique du disque. Ces outils écrivent sur le disque pour le rendre utilisable, et ils écrivent au mauvais endroit.
Après un rançongiciel
Résultat partiel, et il dépend de la façon dont le programme a chiffré les fichiers.
Certains rançongiciels chiffrent une copie et suppriment l'original. Les originaux supprimés sont alors récupérables tant qu'ils n'ont pas été réécrits, et c'est le cas le plus favorable.
D'autres chiffrent le fichier sur place, en écrasant son contenu. Il n'y a alors rien à récupérer sur le disque, et seule une sauvegarde antérieure permet de repartir.
Un point important : un disque chiffré par son propriétaire, avec BitLocker par exemple, n'a rien à voir avec un rançongiciel. Il se récupère normalement à condition de disposer de la clé, comme l'explique la page récupération de données sur disque BitLocker(opens in new tab).
Ce qui décide du résultat, dans l'ordre
Ces quatre facteurs pèsent plus que la panne elle même, et ils sont classés par ordre d'importance.
Le nombre d'écritures faites après la perte. C'est le facteur numéro un, et le seul qui détruise vraiment des données. Débrancher le disque suspend le compteur.
Le nombre de démarrages après une panne mécanique. Chaque mise sous tension d'un disque dont les têtes sont mal positionnées ajoute des rayures.
Les tentatives faites avant le diagnostic. Un logiciel lancé sur le disque d'origine, une ouverture hors salle blanche, une carte échangée sans transfert de calibration : chacune réduit ce qui reste.
L'état de la surface. Des secteurs défectueux(opens in new tab) ne bloquent pas la récupération, ils la ralentissent et imposent un clonage en plusieurs passages.
Les causes de perte elles mêmes sont détaillées sur la page des causes de perte de données(opens in new tab), et le déroulé de l'intervention sur la page des étapes de la récupération de données(opens in new tab).
Ce qu'on récupère vraiment, fichiers, noms et arborescence
Récupérer des données ne veut pas dire la même chose selon l'état des structures du disque.
Quand la table de partition et le système de fichiers sont intacts, tout remonte tel quel : les fichiers, leurs noms, leurs dates et l'arborescence complète des dossiers. C'est le cas d'une panne électronique ou mécanique traitée à temps.
Quand ces structures ont été détruites, par un formatage ou une corruption, les fichiers sont retrouvés par leur signature, c'est à dire par l'en tête caractéristique de leur format. Ils sont alors bien présents et ouvrables, mais les noms d'origine et les dossiers sont perdus, et il faut les retrier.
Cette différence n'a rien d'anecdotique pour qui cherche un dossier précis parmi cinquante mille photos. C'est une raison de plus d'intervenir tôt : plus les structures sont préservées, plus la restitution est directement utilisable.
La nature de la panne et ce qu'elle implique sont détaillées sur la page des pannes de disque dur(opens in new tab), et le service complet sur la page récupération de données disque dur(opens in new tab).
Le disque est arrêté ? Le temps joue maintenant pour vous.
FAQ - Données perdues sur un disque dur
Des données perdues sont elles toujours récupérables ?
Non, mais les exceptions sont rares et connues. Une surface de plateau rayée et un emplacement déjà réécrit par de nouvelles données sont définitivement perdus. Tout le reste, formatage, suppression, panne électronique, panne mécanique, coupure, se récupère dans la grande majorité des cas.
Combien de temps ai je avant que les données soient perdues ?
Ce n'est pas une question de temps mais d'usage. Un disque débranché ne perd rien, même après des années. Un disque qui continue de servir perd des données à chaque écriture. Le seul geste qui compte est de l'arrêter, tout de suite.
Un formatage efface t il définitivement les données ?
Un formatage rapide, non : il remet à zéro la carte qui dit où sont les fichiers, sans toucher aux fichiers eux mêmes. Un formatage complet, oui : il écrit sur toute la surface. Dans les deux cas, ce qui est écrit sur le disque après le formatage est irrécupérable.
Récupère t on les noms de fichiers et les dossiers ?
Oui quand les structures du disque sont intactes, l'arborescence remonte complète. Quand elles ont été détruites, les fichiers sont retrouvés par leur format et restent ouvrables, mais les noms d'origine et les dossiers sont perdus et il faut retrier.
Peut on savoir ce qui est récupérable avant de payer ?
Oui. Le diagnostic est gratuit chez Diskeom et il aboutit à la liste réelle des fichiers récupérables, pas à une estimation. Le devis qui suit est ferme, et aucun frais n'est dû si la récupération échoue.
Un disque qui claque contient il encore des données ?
Presque toujours, oui. Le cliquetis signale des têtes qui cherchent une piste, pas des plateaux détruits. Ce qui détruit les plateaux, ce sont les démarrages répétés qui suivent. Un disque qui claque doit être débranché et ne plus être rallumé.
